Suite de Salon de Toilettage : l’offre complémentaire (1)

A ce sujet, bousculons une  tarte à la crème : un stock doit tourner x fois dans l’année ! Donnez-la valeur que vous voulez à x, de toutes façons ce raisonnement n’a pas de sens. Ce n’est pas de rotation qu’il faut parler, mais bien de marge. Si vous vendez tous les cinq ans un produit qui vous dégage 5 millions de marge, votre stock ne tournera peut-être qu’une fois tous les 5 ans, mais cela fera tout de même votre fortune.

Autre tarte à la crème : les petits salons de toilettage ne peuvent plus rien vendre, la grande distribution proposant au public les produits au prix où nous ne trouvons pas à les acheter ! Une étude américaine est arrivée à une étonnante conclusion : au contraire de ce que l’on s’imagine, le nombre moyen de personnes qui interviennent dans l’écoulement d’un produit, entre le fabricant et son acheteur final est plus grand dans le cas de la grande distribution, et de plus, le coût moyen de ces intervenants est beaucoup plus élevé ! Cela signifie que lorsque la grande distribution vend moins cher, c’est surtout parce qu’elle a acheté moins cher. Application : si nos petits salons de toilettage ne peuvent se fournir aux mêmes conditions, c’est surtout parce que nous n’avons pas consenti les mêmes efforts d’organisation que la grande distribution (regroupement en centrales ou coopératives d’achats, par exemple), et nous n’avons qu’à nous en prendre à nous même. Car ne l’oublions pas, les accessoires pour animaux, s’ils sont de qualité, ne se vendent pas seuls. Une laisse à 5€ ne mérite pas qu’on en parle, laissons-la partir dans son caddie. Mais une laisse à 40 €, c’est autre chose ! Un premium, ça demande tout de même quelques explications, une certaine compétence de celui qui vend ! Et où trouvera-t-on plus de compétences en matière canine que dans nos salons de toilettage ?

La leçon d'éducation canine

Nous avons parlé produits, parlons services ! Allons, se passe-t-il une semaine, où l’on ne vous demande pas l’adresse d’une bonne pension, ou que faire parce que Médor aboie dans la rue, ou n’est pas propre à la maison, ou comment faire prendre un peu d’exercice à un chien hyperactif, ou un autre qui prend de l’embonpoint et où acheter un carlin ou un bichon frisé pour la belle mère qui vient de perdre son perroquet, et comment faire confirmer la petite merveille de la maison, qui va tout juste avoir un an…

Soyons sérieux, tous les salons de toilettage ne sont pas obligés d’offrir un service complémentaire d’éducation canine, de mettre à la disposition de la clientèle un parcours d’Agility, ou un terrain pour apprendre l’obédience, de disposer d’une pension canine ou féline, de vendre des chiots et de courir les dimanches en exposition présenter les chiens de sa clientèle. Certes, il peut y avoir là telle ou telle piste à suivre. Mais ce qui est certain en revanche, c’est que le bon professionnel, c’est celui qui a une réponse commerciale (c’est à dire à la fois la plus satisfaisante pour le client, et rémunératrice pour lui) à toutes ces questions : il sert de « points de ramassage » pour telle pension canine, il sait recommander tel éducateur, dont il connaît l’efficacité, mais avec lequel il aura au préalable négocié une commission, il a son ficher d’éleveurs sûrs, et partenaires.

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Allons plus loin : jeunes toiletteurs d’aujourd’hui, n’oubliez jamais que vous exercez une profession qui n’existait pas, du moins en l’état, quand nous avions votre âge, une profession qu’en quelque sorte les toiletteurs de notre génération ont « inventé ». Vous devez avoir l’ambition de continuer « d’inventer » votre profession, et vous dire que ce sont les idées les plus inattendues et les plus originales qui feront la profession de demain.

A titre d’illustration, nous restons étonnés qu’il ne se développe pas en France ce qui existe dans les pays anglo saxons, les salons de toilettage vécus comme des clubs, des lieux de rencontre, où la clientèle (car il s’agit d’une clientèle, qui paye parfois même assez cher), vient apprendre non seulement à éduquer son chien, mais à le toiletter, le préparer pour des expositions, échanger avec d’autres passionnés le plaisir du chien, c’est aussi le plaisir de l’entretenir, encore faut-il savoir le faire, et qui, mieux que le toiletteur est à même d’enseigner cela ? Mais nous n’aurons plus de clients, me dites-vous ? Bien sûr que si, mais ce seront d’autres clients, auxquels vous offrirez un nouveau service, et pour lesquels vous exercerez un nouveau métier !

Être conseillé :

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